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Un système de ventilation peut-il propager des maladies ?

La ventilation joue un rôle important dans le maintien d'un environnement intérieur sûr et sain. Dans un espace clos, la qualité de l'air intérieur est moins bonne qu'à l'extérieur. La pollution serait en effet 2 à 5 fois plus élevée à l'intérieur de notre habitat selon l'Agence de Protection de l'Environnement américaine (EPA). Néanmoins, la ventilation utilisant l'air extérieur contrecarre cet effet.

Mais le système de ventilation lui-même peut-il propager des maladies ?

Le consensus actuel est que le virus Corona se propage principalement par le transfert de grosses gouttelettes. Les surfaces sont un mode de transmission : une personne infectée peut tousser ou éternuer dans sa main, puis laisser de la matière infectieuse sur une poignée de porte... Dans l’air, ces gouttelettes causées par la toux et les éternuements sont trop grosses pour rester longtemps en suspension. Néanmoins, les personnes peuvent être infectées de cette manière dans un rayon d'environ 2 mètres. En effet, si les virus inclus dans ces gouttelettes sont suffisamment petits, ils peuvent rester en suspension et être actifs dans des conditions intérieures courantes, soit pendant 3 heures dans l'air intérieur et 2 à 3 jours sur les surfaces.

Mais le transport du virus par les systèmes de ventilation est-il probable ? Quelles forces physiques ou obstacles mécaniques existent-ils pour l'empêcher ?

Il n'existe actuellement aucune preuve scientifique que le virus Corona puisse être transporté par des systèmes de ventilation. Au contraire, la plupart des experts indiquent qu'il faudrait faire fonctionner la ventilation encore plus pendant cette période de maladie. Il existe des méthodes qui ont fait leurs preuves pour garantir une bonne qualité de l'air intérieur et contrôler les infections transmises par l'air.

Ventilation

Tout d'abord, le fait d'introduire davantage d'air extérieur dans les bâtiments permet de diluer les contaminants atmosphériques, ce qui réduit le risque d'infection. Une étude publiée l'année dernière a montré que le fait de garantir ne serait-ce que des niveaux minimum d’apport d’air neuf réduisait la transmission de la grippe autant que le fait de vacciner 50 à 60 % des personnes dans un bâtiment.

Concrètement, dans les bâtiments équipés de systèmes de ventilation mécanique, il est recommandé de prolonger la durée de fonctionnement. Modifiez les plages de fonctionnement pour que la ventilation démarre quelques heures plus tôt et s'arrête plus tard que d'habitude. Mais bien entendu, la solution optimale consisterait à maintenir la ventilation en marche 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec des débit d’air réduits lorsque les personnes sont absentes.

Par ailleurs, que ce soit pour les systèmes de ventilation à débit constant (VAC) ou variable (VAV), ils doivent fonctionner en augmentant légèrement les débits d’air. En particulier pour les systèmes VAV (contrôle à la demande en fonction du taux d’occupation), il peut être judicieux d'augmenter le débit d'air minimum pendant les périodes d’inoccupation pour s'assurer que le bâtiment est « purgé ».

La recirculation de l'air n'est pas rare dans les bâtiments, mais elle peut augmenter le risque de propagation de l'infection d'une pièce à l'autre. Les virus présents dans les conduits de retour d'air peuvent pénétrer à nouveau dans le bâtiment par des centrales de traitement d'air qui sont équipées de sections de recirculation. Il est donc recommandé d'éviter l'utilisation de la recirculation centralisée pendant les épisodes de virus lorsque cela est possible et approprié.

Il est également important de prévenir le risque éventuel de "recirculation externe". Il s'agit de l'air extrait du bâtiment qui se mélange à l'air aspiré à l'extérieur. Cela peut être évité en assurant une distance adéquate entre l'évacuation et l'admission d’air neuf, en tenant compte de la direction du vent dominant.

Humidité

L'humidité a un effet sur la façon dont les virus se propagent dans les bâtiments. Il existe différentes théories, mais il est clair que l'humidité joue un rôle. Depuis longtemps, la recommandation est d'essayer de maintenir l'humidité relative minimale entre 40 et 60 % car les virus sont les moins viables dans ces conditions. De plus, la capacité de notre corps à résister aux virus est également beaucoup plus élevée dans cette fourchette d'humidité.

Le contrôle de l'humidité dans les bâtiments n'est pas courant, mais en hiver, l'humidité peut descendre en dessous de 30 %. Dans un climat froid, celle-ci peut même descendre en dessous de 10 %. Il est évident qu'il est bon d'humidifier l'air du système de ventilation pour conserver une qualité d'air plus hygiénique et confortable.

Filtres

Tout filtre qui élimine les particules de l'air a un certain potentiel pour réduire l'exposition au virus. La question est de savoir quelle est l'efficacité requise du filtre pour avoir un impact significatif sur sa propagation.

Les filtres sont conçus pour piéger les particules et les contaminants de PM10, PM2,5 à PM1 (particules d'un diamètre de 10 à 1 micron). Plus le diamètre du contaminant est petit, plus le média filtrant doit être dense.

Dans les environnements sensibles (santé, laboratoires), nous devons être sûrs que les virus et autres agents pathogènes ne passeront pas par les systèmes de ventilation et, dans ces applications, des filtres antiparticules à haute efficacité (HEPA) sont utilisés. L'irradiation germicide aux ultraviolets (UVGI) peut également être utilisée. Un rayonnement ultraviolet puissant inactive les microorganismes et peut contribuer à la sécurité et à l'hygiène des surfaces.

En résumé, que pouvons-nous donc faire pour assurer une bonne ventilation et empêcher la propagation du virus ?

  • Augmenter le débit de ventilation en fonction du temps et/ou du volume

  • Ne pas faire recirculer l'air - minimiser les fuites de recirculation

  • Si nécessaire et possible, augmenter le taux d'humidité dans la pièce

  • Des filtres peuvent capter certains virus, mais seuls les filtres HEPA seront plus efficaces

Jusqu'à présent, aucune étude ne montre que les systèmes de ventilation pourraient être un vecteur de transmission des maladies et des virus. Il faut néanmoins continuer à utiliser la ventilation pour prévenir les maladies en utilisant l'air comme purificateur et en maîtrisant les risques potentiels éventuels.

Sources :

  • Évaluation de la dynamique et du contrôle de la grippe transmise par gouttelettes et aérosols à l'aide d'un système de positionnement intérieur - Timo Smieszek, Gianrocco Lazzari & Marcel Salathé

  • Ventilation et maladies transmises par l'air - OMS

  • Les coronavirus suscitent des réactions dans l'industrie du chauffage, de la ventilation et de la climatisation - Tagg Henderson

  • Document d'orientation REHVA COVID-19

  • Comment le coronavirus se propage en avion en 2020 - National Geographic

  • Propreté microbiologique du bloc opératoire - Prévention de la contamination atmosphérique - Orientations et exigences fondamentales - Institut suédois de normalisation

  • Document de l'ASHRAE sur les maladies infectieuses aéroportées

  • Combattre le virus dans l'air - CAMFIL

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