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Retour en intérieur : quel impact sur l’immunité ?

Retour en intérieur : quel impact sur l’immunité ?
7:51

La rentrée vient à peine de commencer : les enfants retrouvent leurs camarades, leurs salles de classe et bien souvent, les premiers petits maux de saison. Nez qui coule, toux, fatigue : pourquoi ce scénario semble-t-il se répéter chaque année ?

La réponse ne tient pas à un seul facteur. La rentrée correspond à un changement brutal d’environnement et d’habitudes, à une période où pollens de fin de saison et virus respiratoires peuvent circuler simultanément. À cela s’ajoutent davantage de contacts rapprochés et beaucoup plus de temps passé dans des espaces fermés.

À la rentrée, les expositions se cumulent

À la fin de l’été, pollens de graminées et de mauvaises herbes ainsi que spores fongiques sont encore présents dans l’air. Au même moment, les enfants quittent progressivement les activités extérieures pour retrouver des salles de classe occupées plusieurs heures par jour.

La vie en collectivité reprend également à plein régime : classe, cantine, activités, espaces communs… Les interactions rapprochées seraient 3 à 4 fois plus nombreuses qu’en période de vacances, créant des conditions favorables à la transmission des virus respiratoires. Une augmentation de leur circulation peut ainsi être observée dans les 7 à 14 jours suivant la rentrée.

Les enfants se retrouvent donc confrontés à une double exposition : allergènes d’un côté, virus respiratoires de l’autre. Et les recherches suggèrent que ces deux phénomènes ne sont pas totalement indépendants.

Quand le pollen influence aussi nos défenses antivirales

On associe naturellement le pollen aux allergies. Pourtant, son influence pourrait aller plus loin.

Une forte exposition au pollen en suspension dans l’air peut affaiblir certaines défenses naturelles des voies respiratoires contre les virus, notamment celles liées aux interférons. Lorsqu’une cellule détecte la présence d’un virus, ces protéines agissent comme un signal d’alarme : elles alertent les cellules voisines et déclenchent leurs défenses antivirales, contribuant ainsi à freiner la multiplication et la propagation du virus. Or, l’exposition au pollen peut perturber ce mécanisme, y compris chez les personnes non allergiques. 

Pour les enfants souffrant d’allergies ou d’asthme, un autre facteur peut entrer en jeu : l’inflammation préexistante des voies respiratoires. À cela s’ajoute une difficulté très concrète : allergies et infections virales partagent de nombreux symptômes, comme le nez bouché, la toux ou la fatigue, ce qui peut rendre leur origine difficile à distinguer.

Les enfants ne sont pas de petits adultes. Leur organisme est encore en développement et présente des caractéristiques qui les rendent particulièrement sensibles à leur environnement. Leurs voies respiratoires sont plus étroites, leur système respiratoire est encore en développement et ils respirent proportionnellement davantage d’air par rapport à leur poids corporel. La qualité de l’environnement dans lequel ils passent leurs journées est donc particulièrement importante.

En classe, l’air que l’on partage compte

Lorsqu’une salle accueille de nombreux élèves pendant plusieurs heures, les particules émises par les occupants peuvent s’accumuler si le renouvellement d’air est insuffisant.

Le CO₂ constitue alors un indicateur utile du confinement et de la part d’air déjà expiré par les autres occupants. Plus cette fraction d’air réinhalé augmente, plus la probabilité d’être exposé aux aérosols respiratoires émis dans la pièce augmente également.

C’est notamment le principe pris en compte par le modèle de transmission aéroportée de Wells-Riley, utilisé pour évaluer le risque d’infection dans les espaces intérieurs partagés.

Autrement dit, le problème ne réside pas uniquement dans le nombre d’enfants présents, mais aussi dans la capacité de la salle à renouveler et filtrer efficacement son air.

Ventiler et filtrer pour réduire l’exposition

C’est ici que la conception du système de ventilation prend toute son importance.

Un renouvellement d’air adapté permet de diluer les contaminants présents dans l’air, tandis qu’une filtration efficace contribue à retenir une partie des particules en suspension.

Selon les données reprises dans l’article, le maintien d’un renouvellement d’air de 5 à 6 volumes par heure (RAH), associé à une filtration performante telle que F7/F9 ou ePM1, pourrait réduire de 80 à 90 % le risque de transmission virale aéroportée par rapport à une situation de référence avec moins de 2 RAH.

Une bonne qualité de l’air intérieur ne contribue pas seulement à limiter l’exposition aux contaminants : elle favorise également de meilleures conditions d’apprentissage. Un renouvellement d’air suffisant permet notamment de limiter l’accumulation de CO₂ dans les salles de classe. Les données présentées montrent qu’un niveau de CO₂ maintenu sous 900 ppm est associé à de meilleures performances des élèves, avec des tâches réalisées 12 % plus rapidement et 2 % plus précisément, ainsi qu’à une diminution de l’absentéisme lié aux infections. 

Un enjeu qui dépasse les petits maux de la rentrée

La vague de rhumes et autres symptômes observée après la rentrée ne s’explique donc pas par un soudain « effondrement » du système immunitaire des enfants. Elle résulte plutôt de la combinaison de plusieurs facteurs : retour à la vie en collectivité, circulation des virus, présence persistante d’allergènes, sensibilité particulière des enfants et temps passé dans des espaces fermés.

Si nous ne pouvons pas supprimer tous ces facteurs, nous pouvons agir sur l’un d’entre eux : l’environnement intérieur des salles de classe. Un renouvellement d’air adapté et une filtration efficace contribuent à limiter l’accumulation de contaminants et à créer des conditions plus favorables à la santé, au bien-être et à l’apprentissage.

 

Sources de la recherche

Buonanno, G., Stabile, L., & Morawska, L. (2020). Estimation of airborne viral emission rates for SARS-CoV-2: Implications for airborne transmission risk assessment. Environment International.

Damialis, A., Gilles, S., Sofiev, M., et al. (2021). Higher airborne pollen concentrations correlated with increased SARS-CoV-2 infection rates, as evidenced from 31 countries across the globe. Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Eames, K. T., Tilston, N. L., Brooks-Pollock, E., & Edmunds, W. J. (2012). Measured social contacts in a school: Impact on the spread of infection. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences.

Gilles, S., Blume, C., Wimmer, M., et al. (2020). Pollen exposure weakens innate defence against respiratory viruses. Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Landrigan, P. J., Garg, A., & Dzurik, A. J. (2004). Children's health and the environment: Public health issues and solutions. World Health Organisation (WHO).

Wargocki, P., & Wyon, D. P. (2021). Research-based recommendations for achieving high indoor environmental quality in classrooms to promote learning. International Centre for Indoor Environment and Energy.

Wells, W. F. (1955). Airborne Contagion and Air Hygiene: An Ecological Study of Droplet Infections. Harvard University Press.

Riley, E. C., Murphy, G., & Riley, R. L. (1978). Air hygiene of an epidemic school outbreak of measles. American Journal of Epidemiology.

Rudnick, S. N., & Milton, D. K. (2003). Risk of indoor airborne infection transmission estimated from carbon dioxide concentration. Indoor Air.